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Colloque francophone « Discours après 2000 »
Université Adam Mickiewicz, Poznan, Pologne, 20-21 mars 2014
L’expression verbale de l’émotion dans le discours francophone
dans les nouveaux médias après l’an 2000

 

Dans le cadre des présents travaux effectués au sein de notre Faculté, nous nous intéressons aux phénomènes discursifs liés à la médiatisation des émotions dont le discours est porteur, ainsi qu'à la construction du positionnement valorisant des sujets parlants, participants de l’acte de l’énonciation.

 

L'espace public que les médias contemporains créent dans les sociétés démocratiques constitue un espace de grand débat, celui-ci étant un programme d'action de prise de parole souvent valorisant, un programme participatif sensible au surgissement de l'émotion. Tout le discours médiatisé, qu'il soit transmis par la presse, par la télévision, ou par l'ordinateur est construit d'un savoir de connaissances et d'un savoir de croyances, de valeurs sociales, de jugements de valeur, d'opinions. Les médias nous informent continuellement des actions injustifiables, dénoncent des abus ainsi que des désordres sociaux, approuvent des gestes humanitaires, glorifient les exploits et déplorent des milieux défavorisés. L'émotion devient un dénominateur commun à l'événementiel qui s'instaure, elle incite au débat et sert à l'individualisation des références (Augé, 1992)1.

 

Nous voudrions que les propositions de communication, étant l’effet de vos analyses, recherches et observations, permettent de nous interroger sur les problématiques suivantes:



(Re)formulation du cadre théorique et méthodologique

Comment systématiser les notions liées à l'expression verbale des émotions: subjectivité, jugement de valeur, point de vue (Scapoline)2, doxa, construction identitaire des sujets parlants, etc. Les domaines réservés à chaque notion sont-ils exclusifs ou complémentaires?

 

Stratégies discursives de la médiatisation des émotions

- celle de dispositif (Comment le canal de la transmission du message verbal influence-t-il l’expression des sentiments ? Est-ce que la facilité de communiquer par le biais de nouveaux médias rend l’expression des émotions plus claire, plus rapide et par là plus accessible ? )
- celle de sa thématique (Comment déclenche-t-on le spectacle médiatique: dramatisation, sensationnalisation, spectacularisation?)
- celle de sa rhétorique (Tétu, Lamizet, 2004)3
Existent-ils encore d'autres à décrire? Y a-t-il un clivage entre les stratégies médiatiques et les pratiques communicatives citoyennes ? Quels sont les facteurs qui déclenchent l’émotion:  le choix lexical effectué par le sujet parlant, la forme du message, la possibilité hypothétique de réagir et d’être sujet de l’interaction dans l’espace jusqu’aujourd’hui réservé aux journalistes  (presse interactive en ligne)?

 

Vu le discours médiatisé spécialisé: journalistique, politique, et autres, la verbalisation des émotions s'y effectue-t-elle à l'aide des formes et des genres linguistiques appropriés? (En quoi consistent les singularités communicatives, syntaxiques, morphologiques de chaque type de discours? Quand est-ce que l’internaute, le spectateur, l’utilisateur du portable francophone commence à nommer ses émotions en une autre langue (surtout en anglais) ou à l’exprimer ? Quelles en sont les marques linguistiques: syntaxiques, morphologiques, prosodiques ?)

 

L'objectif est donc à travers ce colloque de proposer une réflexion sur les phénomènes linguistiques responsables de la construction verbale de l'émotion dans le discours médiatique. La problématique explicitée peut être traitée de plusieurs angles: grammatical, sémantique, discursif, logique, cognitif, sociolinguistique, psycholinguistique, ainsi que d'autres. Ainsi suscitera-t-il des débats intéressants et fructueux. Notre rencontre à Poznan  aura pour objet l’étude des formes discursives qui n'apparaissent que dans les nouveaux médias (le terme recouvrant toutes ses contraintes) après l’an 2000. Nous voudrions continuer de vastes observations menées par les participants, entre autres, du Colloque Cognition, Emotion, Communication qui eut lieuà l’Université de Chypre en 2011.

 

DISCIPLINES CONCERNÉES:
syntaxe, sémantique, pragmatique linguistique,  sociolinguistique, psycholinguistique

 

LANGUE DU COLLOQUE:
français

 

Nous vous invitons à envoyer vos propositions de communications individuelles en français, prévues pour 20 minutes (plus dix minutes de discussion). Les propositions ne dépasseront pas une page, références comprises, et seront envoyées à l’adresse suivante: Ten adres pocztowy jest chroniony przed spamowaniem. Aby go zobaczyć, konieczne jest włączenie obsługi JavaScript. . Les propositions devraient être accompagnées des coordonnées de l’auteur: nom, prénom, appartenance institutionnelle et domaine de spécialité.

 

Dans l’espoir de vous compter parmi nous à cette occasion,
les organisatrices:
Jolanta Dyoniziak, Ewa Pirogowska, Magdalena Tkaczyk

Institut de Philologie Romane UAM

 

 

 

1 Augé, M. (1992). Non-Lieux, introduction à une anthropologie de la surmodernité, Paris, Le Seuil.

2 Nølke, H., Fløttum, K., Norén, C., (2004). ScaPoLine. La théorie scandinave de la polyphonie linguistique, Éditions Kimé, Paris.

3 Tétu, J.-F., Lamizet, B. (2004). « L'émotion dans les médias: Dispositifs, formes et figures », Mots, 75,  ENS Éditions, pp. 9-20.